Itinéraire
Il décrivait de grands ronds dans l'air avec une sorte de bâton de marche pour nains. Sa pâleur et sa maigreur démangeaient le bout des idées, il était las, à la fin, d'être si usé. La tâche à venir, qu'il ne s'était clairement représentée ni en mots ni en images, devait avoir la consistance d'un rêve. Du moins c'est ce que, souvent, il se disait. Tenace tendance à définir avec du flou l'avenir à la durée lâche. La tâche à venir : construction nécessaire, brique qui s'en voudrait (l'écraserait) de ne s'empiler qu'à côté. L'étalement du temps, cette horizon rampant, à perte de vue, à perte de souffle : effort en avance, récompense tardive, trop tardive. Trop tard.
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Il décrivait toujours de grands ronds dans l'air avec une sorte de bâton. La lente édification du projet à venir devenait le seul projet, à peine encouragé dés lors qu'esquissé par la danse saugrenue de l'outil ancestral. Le bâton de marche devenait un bâton pour tâtonner. Sa raideur rectiligne s'enroulait comme dans l'espace. Alors vinrent les premières "images".
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Forêt de bois, vermoulue, blanche, dressée comme des colonnes vertébrales, lui au milieu, aucune feuille, aucune terre, presque pas de sol. Le défi de la première image : la constitution immédiate d'une structure qui s'agence. Une structure qui s'agace. Secouée de tremblements forcément un peu répétitifs (comme un rythme), la structure se fait agencement. Lui au milieu. D'un éclair d'avance surviennent les problèmes, agencés en triangles emboîtées la tête en bas. Tous la tête en bas : avant même que le bas existe, les triangles avaient la tête en bas. Avant même qu'ils existent, les triangles avaient la tête en bas.
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Reliés à lui par des connections d'abord définies comme vacantes, les idées. Les idées! La possibilité de la mise en place d'un élément est la naissance de cet élément. Alors le nœud commence à avoir un taille irraisonnable. Des phrases d'appel s'amorcent d'elles-même. Lui, au milieu de la forêt de bois, ne sait plus, ne sait pas, ne saura pas, si la danse du bâton de marche définit un espace ou est définie par lui. Lui, au milieu de la forêt, pourrait aussi bien être le vide, ou beaucoup d'autres choses encore. Qu'on se refuse à se prononcer sur la question ne choquera pas, j'espère, les consciences fraîchement nouées avec.
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Commence la fin avec la genèse. Zoom : ce qui était hors-cadre a d'abord défini le cadre pour ensuite en être exclu.
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