Principe de Carnot
Je suis la mort, je suis l'enfance, je
suis ce long silence qui erre entre les ponts, sous les ponts. Je
suis une disponibilité, une heure passée à ne rien faire, une
minute, une seconde attentive.
Je suis cette respiration un peu
différente que tu feras un jour, par hasard peut-être, celle qui te
montrera un point jusqu'alors inconnu, entre ton ventre et tes
poumons, un point où tout vient circuler, où tout circulera.
Je suis le jeûne et la maladie, les
mille repas dans tes chiottes cent fois vomis.
Sans foi ni loi, j'ai pourtant une
foi : le temps passe, je crois qu'il passera encore. Il
repassera s'il le faut plutôt que de marquer une véritable pause.
Toute pause du temps risquerait d'être définitive, aussi jamais le
temps n'acceptera de telles menaces.
C'est parfois terrible de sentir le
Tout qui se roule en boule à tes côtés. Qui se blotit quelque
part, trop gros pourtant pour tenir même dans le plus vaste des
océans. Sentir toujours le Tout qui déborde... Il ne tient pas plus
facilement dans un hangar vide que dans une goutte d'eau.
Il ne tient ni dans un ventre plein ni
dans un estomac affamé.
Il n'a que faire des styles, des formes
et des fonds, il les dépasse.
Principe d'amour caché derrière la
cruauté, derrière la naïveté.
Ce qui change de nom ne change pas pour
auant d'identité.
Il y a certainement un grand mystère
dont le dévoilement pourrait nous faire voir notre véritable
visage.
Il y a certainement des degrés, des
vérités, des choses meilleures que d'autres.
Pourtant à l'heure où le corbeau
fouille avare de son bec le sol au vers de terre, la tendresse de ton
chat venu ronronner sur tes genoux, les sales faces d'opportunistes
nouvellement présidents, les plantes qui manquent d'eau dans un coin
du salon, tout cela finalement n'a quand même pas l'air d'aller bien
ensemble.
Qu'en est-il des ruptures, ami ?
Je n'ai jamais bien compris le second
principe de la thermo-dynamique.