N'a-t-il pas dit, l'homme-fauve, que la maladie apporte la connaissance? Il (je crois) courrait bien vite avec sa peau de renard, avec son corps de renard, lui l'homme-fauve. C'était une forêt, il y a avait un peu de béton. L'homme-fauve grimpait haut, sa moustache au vent : il ressemblait à une version terne et réelle d'un renard de manga. N'a-t-il pas dit, l'homme-fauve, tandis que je courrais dans les bois, n'a-t-il pas dit que la maladie apporte la connaissance ? Seule l'imperfection, (parfaite évidemment) permet la surprise, la connaissance. Que ferions-nous dans une forêt bien vieille, une vraie forêt sans homme-fauve? Sans renards?
*
Et la chasse aux renards est déclarée (ouverte). ILS montent dans des grosses voitures ILS pissent l'orgueil par les pores de la peau ILS courent après les renards pour le plaisir de les percer, ILS veulent par anticipation le plaisir d'enfoncer la gâchette : leur ventre ne leur parle pas, c'est leur vide qui veut tuer. Ecoutons le témoignage d'un des ILS :
"Oh vous savez, faut bien réguler hein; [reniflement, joues roses] sans nous des r'nards y'en aurait trop!"
Qui les régule, eux? Ne sont-ils pas trop?
*
L'homme-fauve aux élans-renard meurt, affamé, percé, saignant du ventre. ILS boivent du vin et font la fête. J'ai l'air d'un enfant triste après une histoire du dimanche soir. J'ai la force d'une libellule, pas plus...
Ma vibration crachotte comme un moteur. Le renard vibre. Percé.
*
Il y a dans une forêt tachée de déchets un goupil au sang bien chaud qui trouve un peu de nourriture, qui par miracle découvre une goupil, et dans le tissu bien dense du hasard fait de ronces, d'épines, de chasseurs, de chiens, il y a sous cette forme-fauve de la vie qui vous insulte, qui vous méprise, une forme dont l'intensité est au-delà de nos vies tièdes, nous-monstres-confortables aux idées rances!
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