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lundi 11 mars 2013

Lâchée matinale.

La connexion entre des espaces mentaux est une banalité. Pourtant notre pudeur rajoute des barbelés aux frontières de l'esprit. Si des centaines de générations d'humains ont utilisé des mots comme "âme, esprit, Ka, anima, animus etc..." , si des mots visant la conscience en tant qu'objet discernable existent dans toutes les cultures, ce n'est pas pour rien. Non pas qu'on puisse trancher entre matérialisme ou dualisme ou platonisme : l'utilité d'un mot ou d'un concept n'est pas à prouver ni à défendre. Il ne s'agit pas de savoir si ce que l'on pense est vrai ou faux. Il s'agit de commencer par essayer de savoir ce que l'on pense. Or, comment ne pas penser que nous avons un esprit ? Comment ne pas penser qu'une âme est là, en mirage sûrement? Ou plutôt des "âmes" ? J'appelle "âme" un "amas de concepts" entrant en relation ou pouvant entrer en relation indépendamment de ce qui est temporellement là ou absent. Pendant longtemps, un individu était considéré comme ayant un amas de concepts (systèmes de traitement) personnel potentiellement immortel : c'est ce qui se fait de plus courant chez l'homme.

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Je pense qu'il est anecdotique qu'en un temps donné, un certain agencement donne une certaine personnalité doté d'un "vouloir-devenir", d'un "vouloir-persister" qui ne vaut qu'en tant que relation avec un externe; la ligne de partage entre interne et externe étant déjà le produit collatéral et contingent d'un ensemble de relations.

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Il ne s'agit pas de foncer avec sérénité dans la croyance en une vie après la mort : être purifié, c'est toujours disparaître car c'est l'impureté (les relations) qui consiste (qui ont une consistance). Mourir c'est relâcher les potentialités que nous incarnions. On meurt bien sûr un peu à chaque seconde.

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 Spinoza : comprendre c'est s'élever à l'éternité : devenir hors du temps. "Devenir" est un concept : sa réalité est là comme une brume autour de tout ce qui, d'une façon ou d'une autre, "devient", indépendamment du fait qu'une chose incarne cette potentialité : la septième lune de tel planète devient indépendamment du fait qu'une conscience quelconque le sache. Indépendamment du fait qu'on ait perçu cette septième lune. Contrairement à Spinoza, je pense qu'il n'y a pas de progrès essentiel à faire en cette vie; ce sont les "progrès" qui nous font. Qui nous défont.


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Prenons le chiffre-concept "2". Sans réalité concrète, on ne peut luis nier une existence virtuelle toujours invocable dés lors qu'une machine de traitement (humaine, animale, mécanique...) distingue et reconnaît : j'ai deux bonbons : je sais donc qu'il y a deux unités similaires (associables sous une désignation commune) mais différentes (sinon il n'y aurait pas "2" bonbons). 2 existe virtuellement comme résultat potentiel d'une activité. 2 est impersonnel.
Comment ne pas penser que les agencements que j'exprime ou qui me traversent ont cette même existence potentielle, virtuelle, comme "2" ?

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Nous ne sommes pas dans un platonisme : "2" n'existe pas pur. Les concepts regroupant différents agencements n'existent qu'impurs, modifiés; un agencement mental (exemple : l'agencement mental impliquant le mépris ponctuel de la sensation désagréable reléguée au second plan lors de l'établissement au premier plan d'un objectif : un coureur qui voudrait finir sa course malgré un point de coté) peut se reproduire (se produire donc) qu'en tant qu'il s'altère en une certaine ponctualité.

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