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lundi 4 juin 2012

La solitude ne nous connait pas.

"L'histoire des hommes est la longue succession des synonymes d'un même vocable. Y contredire est un devoir"   ___ René Char

 
Il n'y a pas pas grand chose de mieux à dire que ce que disent les ados à l'orée du conflit-adulte. Ils savent mieux que nous où sont les limites tremblantes de l'être-adulte. Ils savent où sont les fractures.

Dans notre élan responsable et grave, nous avons tout colmaté. On y a fourré tout ce qu'on a pu trouvé, depuis l'image incertaine et néanmoins dense de la Loi jusqu'à la furie dévorante dont on s'inspire pour croire avaler les obstacles, pour croire qu'on les avale comme le feu se nourrit de ce qu'on lui jette à la gueule, gueule qu'il a paradoxale, ubique, chaude, vivante.

La solitude ne nous connait pas.

Il n'y a pas de meilleures démarches que l'innocence des ados crachant avec un mélange de dédain, de défaitisme et d'appétit, des idées brutes, pures et vastes comme des champs fertiles encore souillés d'aucunes graines. J'aime les blogs, je tente de m'y projeter à l'apogée comme le fer de lance à vocables rusées d'une longue procession d'âmes d'avance usées. J'ai rêvé littérature, je n'ai fait qu'écrire un blog.

J'ai rêvé grand, je me retrouve à dérouler la longue liste des synonymes du même. Mais j'ai, comme tous, la chance de voir sous les coups du temps se déformer les membres, se métamorphoser les tissus, j'ai pu apercevoir sous la peau étroite les veines et les os qui ont poussés. Nous avons dansé sur la même musique antique sortie du fond du cul de je ne sais quel titan. Nous avons poussés, c'est presque tout ce qu'il y a dire. Nous sommes toujours d'ailleurs, nous sommes à un presque du rien.

Et il y a à contempler l'étonnant nœud qui nous a lié.

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